Malus automobile 2026 : barème CO2, poids et ce qui change
Le malus écologique 2026 frappe plus tôt et plus fort que jamais. Le seuil CO2 d'entrée descend à 108 g/km — contre 123 g/km en 2023, 118 g/km en 2024, 113 g/km en 2025. En parallèle, le malus sur le poids monte en puissance : depuis 2022, les voitures dépassant le seuil de masse fixé par décret s'exposent à une taxe additionnelle progressive par kilogramme excédentaire. Résultat : les SUV diesels et les berlines premium à motorisation thermique coûtent désormais beaucoup plus cher à l'achat neuf que leur prix catalogue ne le laisse supposer.
Le seuil CO2 : une mécanique de compression qui ne s'arrête pas
Depuis 2020, le gouvernement abaisse le seuil de déclenchement du malus CO2 chaque année de quelques grammes. La logique est claire : conserver la même proportion de véhicules neufs touchés (environ 20 à 25 % du marché), mais pousser les constructeurs à améliorer leurs motorisations et les acheteurs vers des versions moins émissives. En 2026, un véhicule émettant 108 g/km de CO2 selon le cycle WLTP paie déjà 50 euros de malus. À 128 g/km, la facture grimpe à 818 euros. À 148 g/km — niveau d'un SUV compact diesel ou d'une berline 2,0 litres essence — elle atteint 3 784 euros.
Ce mécanisme a des effets concrets sur les mix commerciaux : les constructeurs ont supprimé ou bridé leurs motorisations les plus émissives, et les finitions avec de lourdes options (toit ouvrant, packs audio, roues plus larges — chaque ajout pèse sur la masse et parfois sur le CO2 homologué) sont commercialisées différemment selon que le client tient ou non à son seuil.
Nicolas, 45 ans, signe en janvier 2026 l'achat d'une berline diesel haut de gamme. Le prix catalogue affiché par le concessionnaire : 49 900 euros. Il découvre en lisant le bon de commande que le CO2 homologué WLTP est de 152 g/km. Malus applicable : 4 818 euros. Le prix réel, taxes incluses : 54 718 euros. Il n'avait pas pensé à vérifier le certificat de conformité avant de négocier.
Le barème CO2 2026 : les paliers à connaître
Le barème est progressif et non linéaire — chaque palier a son propre taux par gramme. Les montants ci-dessous sont indicatifs sur la base des projections de la loi de finances 2026. Consulter le barème officiel sur economie.gouv.fr pour les valeurs exactes au moment de votre achat :
| CO2 (g/km WLTP) | Malus indicatif |
|---|---|
| Jusqu'à 107 | 0 € |
| 108 | 50 € |
| 118 | 260 € |
| 128 | 818 € |
| 138 | 1 901 € |
| 148 | 3 784 € |
| 158 | 7 248 € |
| 168 | 18 850 € |
| 178 | 40 500 € |
| 192 et plus | 80 000 € (plafond légal) |
Le plafond légal est fixé à 50 % du prix d'achat TTC du véhicule — un garde-fou pour les véhicules très bon marché avec un fort CO2. Le malus CO2 et le malus masse peuvent se cumuler sur un même véhicule, le total restant plafonné à 80 000 €.
Le malus masse : les SUV dans le viseur
Introduit en 2022, le malus sur le poids frappe les véhicules dont la masse en ordre de marche dépasse un seuil fixé par décret. La tendance est au resserrement progressif. En 2026, le seuil s'établit à 1 500 kg pour les véhicules particuliers. La taxe n'est pas un taux fixe : elle est progressive par tranches, de 10 euros par kilogramme excédentaire pour les premiers kilos jusqu'à 30 euros par kilogramme au-delà de 2 000 kg. Un SUV pesant 1 750 kg s'expose à 2 750 euros de malus masse (200 kg à 10 € + 50 kg à 15 €), cumulable avec le malus CO2.
| Masse du véhicule | Malus masse indicatif (calcul progressif) |
|---|---|
| Moins de 1 500 kg | 0 € |
| 1 600 kg | 1 000 € |
| 1 700 kg | 2 000 € |
| 1 800 kg | 3 500 € |
| 2 000 kg | 8 000 € |
Les hybrides rechargeables (PHEV) dont l'autonomie électrique dépasse 50 km bénéficient d'un abattement de 200 kg sur leur masse déclarée pour le calcul du malus masse — ce qui permet à certains SUV hybrides de passer sous le seuil. Les PHEV à faible autonomie (moins de 50 km) ne bénéficient que d'un abattement de 100 kg. Les véhicules électriques sont exempts du malus CO2 ; ils bénéficient depuis le 1er juillet 2026 d'un abattement de 600 kg pour le calcul du malus masse, ce qui les exonère dans la grande majorité des cas.
Qui est exempté
Véhicules exempts du malus CO2 : les véhicules 100 % électriques et les véhicules à hydrogène ne sont pas soumis au malus CO2. Les hybrides non rechargeables suivent le barème CO2 standard selon leurs émissions WLTP homologuées — l'étiquette compte, pas la technologie.
Exemption familles nombreuses (malus CO2) : les familles ayant au moins trois enfants à charge bénéficient d'un abattement de 20 g/km par enfant sur le malus CO2, sous conditions de ressources. Les conditions exactes sont à vérifier sur impots.gouv.fr au moment de l'achat, car elles peuvent être revues par amendement en loi de finances.
Véhicules utilitaires : les CTTE, camionnettes et pick-up classés utilitaires au sens fiscal ne sont pas soumis au malus masse. Un SUV familial ne rentre pas dans cette catégorie.
Véhicules accessibles aux personnes handicapées : exonération totale sous justificatif d'invalidité reconnu.
Isabelle, 52 ans, cherche un SUV 7 places en 2026 pour sa famille. Deux modèles sont dans sa liste : un SUV thermique diesel, 1 780 kg / 148 g/km (malus CO2 : 3 784 € + malus masse : 3 200 € = 6 984 € de taxes) et un SUV hybride rechargeable dont la masse corrigée descend à 1 490 kg et dont les émissions WLTP tombent à 29 g/km (aucun malus). L'écart de prix catalogue entre les deux modèles était de 4 000 euros en faveur du diesel. Malus inclus, la réalité s'inverse : le PHEV est 2 984 euros moins cher.
Ce que ça change pour l'acheteur d'occasion
Le malus ne s'applique qu'à l'achat d'un véhicule neuf ou d'un véhicule d'occasion importé qui n'a jamais été immatriculé en France. Un véhicule déjà immatriculé en France et revendu de seconde main n'est pas soumis au malus. C'est un point essentiel que beaucoup confondent avec la taxe annuelle sur les sociétés.
En revanche, le malus payé à l'achat neuf influence directement la valeur résiduelle : un SUV fortement taxé sort du marché neuf à prix plus élevé, mais se retrouve au même niveau que des concurrents moins malussés une fois sur le marché de l'occasion — car l'acheteur d'occasion ne paie pas de malus. C'est mécaniquement une opportunité pour les acheteurs d'occasion sur des modèles neufs très taxés.
Le point à surveiller reste la réglementation urbaine. Un SUV thermique acheté d'occasion sans malus aujourd'hui peut être classé Crit'Air 2 ou moins, et se retrouver restreint dans certaines métropoles dès 2027-2028. Notre guide des ZFE 2025-2026 détaille les restrictions prévues par ville. Les véhicules électriques d'occasion disponibles sur MyCarMatch sont exempts de ces deux contraintes.
- Vérifier le CO2 WLTP : figure sur le certificat de conformité (COC), pas nécessairement sur la carte grise (qui peut afficher un CO2 NEDC — cycle obsolète, toujours inférieur au WLTP). Le COC est disponible gratuitement sur le site du constructeur via le VIN.
- Ne pas confondre malus et taxe annuelle : la taxe annuelle sur les émissions (ex-TVS) s'applique chaque année aux entreprises — ce n'est pas le malus d'immatriculation, qui n'est dû qu'une seule fois à l'achat du neuf.
- Hybride rechargeable : vérifier la masse corrigée et l'autonomie : les PHEV bénéficient de l'abattement de 200 kg sur le malus masse uniquement si leur autonomie électrique dépasse 50 km (100 kg sinon). L'abattement ne s'applique pas au malus CO2.
- Achat en leasing (LOA/LLD) : le malus est payé par le financeur et répercuté dans le loyer mensuel ou le premier loyer — il ne disparaît pas, il est dilué dans le plan de financement.
- Véhicule d'occasion importé : une occasion non encore immatriculée en France (provenant d'Allemagne ou de Belgique sans plaque française) est soumise au malus à l'immatriculation, avec une décote selon l'ancienneté du véhicule. Les occasions déjà immatriculées en France en sont exemptes.
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